Espoir masculin

Julien Besure

C’est sans oublier l’accent gascon de D’Artagnan que Julien Besure est monté sur la scène du Théâtre royal du Parc en ce début de saison. L’adaptation des  Trois Mousquetaires  par Thierry Janssen et Thierry Debroux a trouvé en ce jeune diplômé de l’IAD la parfaite incarnation du candide Pyrénéen parti à la conquête de la capitale. Le héros d’Alexandre Dumas doit pourtant faire face à de nombreux dangers sous les charmes de la vénéneuse Milady De Winter ou du machiavélique Cardinal. Le comédien déploie une énergie folle à la fois à l’épée, à cheval articulé et dans la comédie aux côtés de trois soldats du Roi ayant de la répartie : un vrai rôle de jeune premier avec son lot d’autodérision. Cet heureux décalage n’a fait que confirmer le talent de Julien Besure que l'on ne connaissait pas encore dans ce registre. Découvert dans le glaçant  Happy Slapping  mis en scène par Alexandre Drouet en 2012, il a pu aussi expérimenter un tout autre univers, avec un rôle plus modeste certes, dans Un conte d'hiver  de Georges Lini d'après William Shakespeare. N.N.

Les Trois Mousquetaires , de Thierry Janssen d'après Alexandre Dumas, mise en scène de Thierry Debroux, au Théâtre royal du Parc.

Un conte d'hiver , de William Shakespeare, mise en scène de Georges Lini, de la Compagnie Belle de Nuit au Théâtre royal du Parc et Atelier Théâtre Jean Vilar.

Iacopo Bruno

Il a suivi l'enseignement de Thierry Lefèvre, Yasmine Laassal, Frédéric Dussenne, Anne-Claire, Christophe Sermet, Isabelle Dumont, Pascal Crochet, José Besprosvany, Lorent Wanson. Sorti d'Arts², le Conservatoire de Mons, en juin 2015, il y a travaillé des oeuvres d'hier et des écritures d'aujourd'hui : Molière et Shakespeare, Rostand et Pasolini, Hugo et Pommerat, Perec et Tchekhov, Pagnol et Mabardi, Sophocle et Massini. Mais ce sont ses parents, qui, bien avant, donnent à Iacopo le goût de l'art : du théâtre-action qui passionne sa mère à l'art rassembleur auquel son père croit dur comme fer.

Parler de là où on est : voilà qui mobilise à présent Iacopo Bruno, qu'habite l'envie de mise en scène. Et qui cite volontiers Vincent Macaigne : « Oui un mur, une habitude, un système, une économie ça se casse. » En attendant, on a découvert dans  Lehman Trilogy – chapitres de la chute  un jeune acteur plein de finesse et de personnalité, un tempérament vif argent composant, avec Pietro Pizzuti et Angelo Bison, un trio clownesque équilibré, généreux dans le jeu comme dans l'écoute, au coeur d'une dramaturgie nourrie du théâtre-récit italien laissant voir les hommes derrière les mots. Loin de l'écolage sur les grands personnages historiques, « ici l'histoire est racontée par les gens d'en bas, qui voient le monde s'effondrer », se passionne Iacopo Bruno. « Et puis, disposer de dix-mille objets sur scène, jouer quarante personnages, avoir de la musique non-stop, c’est ce que j’aime… » M.Ba.

Iacopo Bruno dans  Lehman Trilogy – chapitres de la chute  de Stefano Massini/mise en scène de Lorent Wanson, par le Théâtre Épique, au Rideau de Bruxelles.

Adrien Drumel

Agathon, le personnage campé par Adrien Drumel dans l'enthousiasmante adaptation du banquet de Platon par Pauline d'Ollone, choisit pour sa définition de l'amour d'en faire un idéal, un dieu. L'Eros y est aussi fougueux que jeune. Habité par ce rôle, le jeune comédien lui a insufflé une grâce certaine. Dans Reflets d'un banquet , il tient parfois du danseur autant que de l'orateur juvénile, ses quelques pas furtifs lors de son moment en solo le prouvent. Le verbe et le geste hauts ! Toute autre ambiance dans « Du béton dans les plumes » d'Axel Cornil, où un pétillant quatuor masculin revient sur ses origines familiales. Rythmé par Brassens, le spectacle vaut pour son jaillissement de vie d'un plateau quasi vide, grâce à l'énergie de ses interprètes. Deux expériences théâtrales bien différentes mais quand on a la jeunesse et le talent pour soi, pourquoi choisir ? Formé par Frédéric Dussenne, Adrien Drumel ne manque pas de projets lui qui a touché déjà à tant d'auteurs et d'univers : dans « Mamma Medea » de Tom Lanoye et Christophe Sermet, dans « Made in China » de Thierry Debroux et Peggy Thomas. Il retrouvera d'ailleurs son professeur pour un intimiste « Pétrole ! » de Pasolini pour les 20 ans de la compagnie L'Acteur et l'Écrit. Ils sont donc nombreux à lui avoir fait confiance et ça ne devrait pas s'arrêter là. N.N.

 Reflets d'un banquet , écriture et mise en scène de Pauline d'Ollone d'après Platon, au Théâtre de la Vie.

 Du béton dans les plumes , écriture et mise en scène d'Axel Cornil, au Poème 2 et au Manège.Mons.