Auteur

Axel Cornil

Axel Cornil est un jeune auteur montois. Il s’empare de nos récits fondateurs et les adapte avec force et vigueur aux questions contemporaines. Dans Du béton dans les plumes, il part d’une banale histoire de vente de maison et, effleurant le mythe de la chute d’Icare, dépose en toile de fond les questions propres à l’héritage et à l’accomplissement. Un jeune homme hérite de la maison familiale. Il est face à un choix : vendre ou rénover la vieille bâtisse. Alors qu’il traverse les différentes pièces en travaux, les souvenirs d’enfance refont surface. Il revoit les dîners de famille dans la cuisine, les rendez-vous chez le médecin, le départ du père. Entouré par trois acteurs complices (Adrien Drumel, Valentin Demarcin et Allan Bertin), Axel Cornil redouble d’ingéniosité pour rejouer les différentes étapes d’une vie et parvient à transposer sur le plateau un conte moderne empreint de référence aux mythes.

Dans Crever d’amour, Axel Cornil s’empare du mythe d’Antigone qu’il place dans un pays d’Afrique noire au lendemain de la guerre civile. Antigone (Consolate Siperius) est une jeune enfant noire qui va devoir se battre pour honorer ses morts et défendre ses valeurs. Le texte d’Axel Cornil retrace avec force et fureur l’histoire d’un combat contre le pouvoir en place. À seulement 26 ans, l’auteur s’affirme comme l’une des plumes les plus incisives et percutantes de sa génération.   Fr. C
 

Du béton dans les plumes, d'Axel Cornil, production de Trou de Ver asbl, en coproduction avec le Foyer Culturel de Saint-Ghislain, le Poème 2, le manège.mons et la Fondation Mons 2015.

Edition E. Lansman

Crever d'amour, écriture d'Axel Cornil/ Mise en scène de Frédéric Dussenne. Coproduction Rideau de Bruxelles / L’acteur et l’écrit - Compagnie Frédéric Dussenne.En partenariat avec ARTS²/théâtre (Mons), Espace Gambidi (Cfrav), Les Récréâtrales (Burkina Faso) et La Fabrique de Théâtre. Edition E. Lansman  
Avec l’aide du Ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles - Service du Théâtre - CAPT.

Céline Delbecq

On a beau se dire que cette fois-ci, on ne se laissera pas faire, qu’on va serrer les dents, qu’on ne va pas verser cette maudite larme qui fait sourire vos voisins de siège les plus impassibles, mais rien à faire : à chaque nouvelle pièce de Céline Delbecq, on a les tripes retournées et l’esprit barbouillé. Depuis Le Hibou, Hêtre, Supernova ou Abîme, l’auteure belge s’est imposée comme l’une de nos plus belles plumes, avec des textes bouleversants. L’inceste, la mort, l’enfance livrée à elle-même : ses thématiques sont noires mais son écriture est tonifiante. On y puise une humanité fragile, qui donne envie de s’ouvrir au monde et de le soulager un tantinet de certaines de ses plaies.

Son théâtre se nourrit de rencontres. En l’occurrence, sa dernière pièce, L’Enfant Sauvage, nous fait pénétrer un univers qu’elle connaît bien, celui des enfants placés par le juge, puisque, depuis 10 ans, elle travaille comme bénévole dans une institution qui accueille ces enfants. Au fil du temps, elle a puisé dans ces histoires vécues pour raconter le destin d’un seul enfant, une petite fille trouvée sur la Place du Jeu de Balle. Au milieu de la foule et de l’indifférence, elle crie, se mord et salive comme une bête. Un homme pourtant (interprété par le talentueux Thierry Hellin) va s’intéresser à elle, tenter de l’arracher à l’oubli. Inoubliable ! C.M.

L'enfant sauvage, de Céline Delbecq, édité chez E.Lansman, avec Thierry Hellin, création à l’Atelier 210, Bruxelles. Production de la Cie de la Bête Noire. En tournée jusqu’en 2018. Toutes les dates sur www.audiencefactory.be.

Veronika Mabardi

L'écriture, chez Veronika Mabardi, est liée à l'enfance, aux langues mêlées dans une famille aux racines diverses et unies (une mère flamande, un père mi-belge mi-égyptien, deux frères et une soeur dont deux nés en Corée), à la transplantation de Leuven à Louvain-la-Neuve, à la cohabitation ouverte des pensées en mouvement. C'est par le biais du jeu qu'elle entre en théâtre. Et, plutôt qu'à l'école, apprend son métier dans les jeunes compagnies : les Ateliers de l'Échange avec Frédéric Dussenne, la Cie Ricochets avec Mathieu Richelle et Béatrice Didier... Un métier multiple, qui passe autant par la billetterie ou le montage d'un décor que par la mise en scène ou – la revoilà – l'écriture.

Elle anime des ateliers, recueille des paroles qu'elle fait exister sur le papier puis sur le plateau. Elle accompagne des créateurs. Elle digère des parcours. Ses pièces, ses textes, revendiquent l'hybridation qui les nourrit, l'éphémère qui les fonde, les rencontres qui les irriguent, mais aussi assoient une mémoire. Collective et intime dans le cas de « Loin de Linden » où, avec tendresse, Veronika Mabardi puise dans sa propre histoire pour évoquer la Belgique d'il y a deux générations : ses souvenirs de guerre, ses conflits linguistiques et ses hiatus de classes, ses anecdotes savoureuses et cocasses.

 Quand les temps sont durs, je reviens à cette notion de base : les mots sont à tout le monde, ils s'échangent et circulent librement, aucun obscurantisme, aucune régression ne peuvent empêcher leur danse , dit celle chez qui l'écriture, avant tout, est affaire d'écoute.M.Ba

Loin de Linden de Veronika Mabardi/mise en scène de Giuseppe Lonobile. Coproduction Rideau de Bruxelles / Manège.Mons – Centre dramatique / Atis Théâtre.

Veronika Mabardi a reçu en 2016 le prix Georges Vaxellaire de l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique pour « Loin de Linden », édité chez E. Lansman .